classement vertical

Le choix et le dispositif des images, la mise en page sous forme de dialogue entre les textes, les photos et les documents, et le registre de couleur des pages, apparentent la réalisation à une installation.

 

 

 

 

Classement diagonal / diagonal listing

Le livre vient d’être livré. Il sera en librairie à partir du 21 août en France et à partir du 17 septembre en Belgique.

Le livre « Classement diagonal », réalisé après l’exposition sous forme d’installation narrative du même nom1, propose une nouvelle modalité de construction et d’assemblage des matériaux qui y étaient montrés. ll n’est ni un catalogue qui accompagne et prolonge l’exposition, ni un document destiné à en garder la trace ou à en constituer la mémoire. Il s’agit d’une actualisation sous forme de livre de matériaux textuels et visuels en grande partie identiques ou similaires. L’enjeu de la reprise et de la réactualisation sont importants pour ce travail dont le sujet est étroitement lié à ces pratiques. Je suis très heureux d’avoir pu y travailler avec la graphiste Loraine Furter.

Le titre se réfère au classement du champ de bataille de Waterloo, premier bien préservé en vertu d’une loi en Belgique. Il assemble une série de faits et de récits construisant de multiples rapports entre le champ de bataille, les terrains de golf, le développement du tourisme, la colonisation, la préservation du patrimoine, la représentation de l’histoire et la normalisation. Cette disparité apparente permet d’interroger les stratégies de normalisation destinées à figer ce qui fuit continuellement.

Le livre est publié aux éditions la lettre volée.

Plus d’info sur « classement diagonal »

1« Classement diagonal » a été présenté au BPS22 à Charleroi dans le cadre de l’exposition Panorama, de septembre 2016 à janvier 2017, sous commissariat de Nancy Casielles.

Cine-club lazyeye

Dans le cadre de l’exposition eight de SYLVIE EYBERG et JUAN PABLO PLAZAS,

le cine-club lazyeye présentera des vidéos de Diego Fernández, Bruno Goosse, June Laka, m8a, T. Tapha, Eliot Thielemans

 Lundi  07.05.2017 à 18 heures

105 avenue Besme, 1190 Bruxelles

105 BESME PRESENTS

SYLVIE EYBERG JUAN PABLO PLAZAS

eight
an exhibition, a cine-club, a performance, new editions
Opening

17.04.2018 – 5-8 pm

Exhibition

21 & 22.04.2018 – 3-6 pm
with an intermittent performance

03.06.2018 – 3-6 pm

Cine-club lazyeye

07.05.2017 – 6pm | lms 6.30 to 7.30 pm
with Diego Fernández, Bruno Goosse, June Laka, m8a, T. Tapha, Eliot Thielemans

28.05.2017 – 6 pm | lms 6.30 to 7.30 pm
with Andrés Baron, Denicolai & Provoost, Sylvie Eyberg, Juan Pablo Plazas, Diego Thielemans, Clara Thomine

Other days by appointment until 03.06.2018

105 avenue Besme laan, 1190 Brussels

+32 (0)475 299 873 – www.105besme.be tania.nasielski@105besme.be

Conversation – Entre les mains

Khristine Gillard et Nina de Vroome ont échangé pendant toute l’année 2017 à partir de leur pratique de cinéaste dans le cadre de la résidence CONVERSATION #2, initiée par le CVB et le GSARA. Après une exposition à la MAAC où leurs propositions sont entrées en interaction dans l’espace, la publication ENTRE LES MAINS prolonge cette conversation.

La résidence s’est clôturée par la présentation de ce livre-trace de leur conversation auquel j’ai eu le plaisir de contribuer.

 

Le cinéma-et-les-autres-arts

Dans ArtPress de ce mois de juin, Alix Agret a écrit un beau compte rendu du dernier volume de la part de l’oeil : « Arts plastiques et cinéma ; Mikhaïl Bakhtine et les arts »

« Le cinéma-et-les-autres-arts »

« Exposé, perméable aux autres arts, le cinéma chahute depuis les années 1990 la nette et commode démarcation entre salles obscures et cimaises de musées. Le cinéma (s’il l’a jamais été) n’est plus une machine… célibataire. Il est désormais appareillé, enrichi d’un suffixe: on s’attache à présent au « cinéma-et-les-autres-arts ». Cette formule renouvelle, dans son étrangeté même, la réflexion théorique sur le rapport du cinéma à la narration, sa réception, sa spatialité et ses inspirations artistiques et littéraires. Le cinéma « tout court» était déjà un mystère pour Jean-Luc Godard, rappelle Bruno Goosse dans son « prélude » à La Part de l’OEil n°30, consacré à l’amorce de la pellicule/le début du film. L’élargissement est salutaire et c’est ce dont témoigne ce dossier qui relance la réflexion portée, entre autres, par Jean-Christophe Royoux (sa notion de cinéma d’exposition développée dans les années 1990), Dominique Païni (le Temps exposé, 2002), Raymond Bellour (la Querelle des dispositifs, 2012) et Jacques Aumont (Que reste-t-il du cinéma?, 2012). C’est d’ailleurs l’occasion de repenser avec ce dernier, « l’opération figurative en cinéma », la tentation du pur plaisir optique de l’image censé contredire la vocation du film à la fiction réaliste.

Démontrant que le cinéma n’est pas qu’un art narratif, les études de cas de Clélia Nau sur les films-paysages de Tacita Dean et de Chakè Matossian, qui piste les fantômes de la poésie de William Blake dans Dead Man de Jim Jarmusch, dévoilent la nature hybride de plans cinématographiques perméables à la picturalité et à l’art graphique.

Autre caution de vitalité intellectuelle, la figure de Walter Benjamin est convoquée par les philosophes Jean-Louis Déotte et Christian Ruby pour mettre l’accent sur l’expérience collective de la foule de cinéma, faite d’hypersensibilité et de distraction, sur l’immersion des spectateurs dans l’architecture urbaine. Il s’agit, chez le premier, d’analyser un mode de perception commun au cinéma et à l’architecture et, chez l’autre, de proposer une vision plus positive du spectateur contemporain de l’oeuvre d’art, émancipé par le cinéma « des rituels de l’Art » fondés sur le classique Jugement esthétique kantien. La contribution de Luc Vancheri, sous-tendue par l’impératif d’une interrogation politique, conclut sur l’urgence de dépasser les positions antagonistes de la querelle des dispositifs (la défense moderniste d’une ontologie du dispositif cinéma, d’une part, et la constante actualisation de diverses formes flottantes de l’expanded cinema, d’autre part). Il réaffirme ainsi la force du cinéma comme « art des possibles » que sa pluralité devrait préserver de l’absorption dans une culture consumériste du divertissement généralisé.

Le deuxième volet de la revue, né d’une journée d’étude sur « Mikhaïl Bakhtine et les arts » organisée à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, mêle théorie littéraire, sémiotique, linguistique et arts pour revaloriser les apports du théoricien russe et la fécondité de sa mise en relation avec Deleuze, Guattari et Althusser. Alexander Streitberger démontre la richesse des croisements interdisciplinaires en interprétant le genre du portrait chez Jeff Wall à la lumière du concept bakhtien du « rire réduit », comme coupe anatomique acerbe des travers et tics de la société moderne. Rappel précieux : au-delà des conventions esthétiques, la puissance de l’art réside prioritairement dans ses réponses au contexte socio-historique. »

Alix Agret

ArtPress, 445, juin 2017, p. 77.