BIO

Ancrée dans la recherche, ma pratique se veut plurielle et vise a un certain décloisonnement des savoirs et des disciplines. Utilisant des documents et convoquant des récits et des faits avérés mon travail tend à favoriser une relecture poétique et politique de certains pans d’histoire en interrogeant le rapport souvent non discuté d’une société à la valeur.

J’ai d’abord été attentif aux questions de temporalités qui se marquent principalement par la persistance explicite dans l’œuvre plastique réalisée des procédures qui ont conduit son élaboration (les lois de l’œuvre). Ensuite, le passage par une expérience politique d’écriture de textes juridiques (les lois au sens social) m’a beaucoup marqué. L’étrangeté de la position de l’artiste dans un environnement de travail politique a conduit à postériori à des travaux vidéographiques et à un texte (voir les vidéos « notes jaunes » et le texte « Le retour de l’artiste (dé)masqué ») qui tentent d’interroger cette position au sein de l’art.

Mon travail plastique s’est alors infléchi en une réflexion sur les situations de contraintes tant textuelles qu’imaginaires, en tentant de donner forme à ces impératifs et à ce qui les ruine. La manière dont le texte, notamment juridique, et ses montages fictionnels, conditionnent notre rapport au réel, à l’image et à l’art constitue l’axe principal de mes recherches. Investiguer un système de valeur en montrant la manière dont il se construit historiquement, dans une écologie de tensions parfois vives, puis donner à voir la manière dont l’échafaudage symbolique qui l’a permis est ensuite oublié est une orientation importante de ce travail.

Souvent narrative, ma pratique se développe sous forme de vidéo, d’installations de documents et de publications. Toutefois il importe dans mon travail de ne pas confondre l’ordre de l’énonciation et la causalité, c’est-à-dire l’impression produite par le récit qui donne à un fait énoncé antérieurement une valeur de cause par rapport à un autre fait énoncé postérieurement, qui se charge, lui, d’une valeur de conséquence.

Ces travaux ont été montrés à Bruxelles (2018), Paris (2017), Charleroi (BPS22) (2016-17), Miami et Washington (2017) (Bienal de las fronteras, Institut Culturel de Mexico), Otttinies-Louvain-la-neuve (Biennale 8), Pékin (Namoc), Berlin (G.A.S-station), Bruxelles (de Markten), Kassel (Documentary Film and Video Festival)

Certains ont pris la forme d’un livre et ont été édités : « classement diagonal / diagonal listing, la lettre volée, 2018; « Around Exit, La Part de l’Oeil, 2014.

J’ai co-dirigé avec Jean Arnaud « Document, fiction et droit en art contemporain » parus aux PUP/ArBA en 2015, et coordonné le volume de La Part de l’Oeil n°30 consacré au cinéma.

 

Bruno Goosse (1962) studied drawing at the Royal Academy of Fine Arts in Brussels. First, he is known for his comic strip works.Then he developed a work that attempts to make visible the logical and the story of the creation of the object exhibited. This is to show off both the object and the rule that led to its realization.Following experience writing legal texts that has marked it, his work deals with the constraints both textual and imaginary. It attempts to give form to these imperatives and what ruin them. Since 2000, his practice is primarily videographic both as mono-bands form that installations. He continues his investigation into how the text, including legal, and fictional montages, determine our relationship to reality, image and art.