Waterloo est le nom d’une petite ville en périphérie de Bruxelles. Ce nom est connu dans le monde comme celui d’une bataille. Il est tellement connu qu’il est devenu un nom commun. C’est aussi le nom d’un champ. Mais ce champ n’est pas situé à Waterloo. C’est la contingence de la localisation du quartier général du vainqueur de la bataille qui a donné son nom au champ. Cette variabilité du toponyme proche d’une délocalisation a-t-elle favorisé l’utilisation du nom propre comme nom commun ? Derrière cette question anodine se profile une géographie fluide dont la conférence envisage de dresser le portrait.

La fiction juridique permet une critique radicale de la hiérarchie commune en permettant « dans les faits » qu’une fiction devienne réalité. La stabilité du partage ainsi révoquée, il s’agit maintenant, par différents dispositifs plastiques, d’expérimenter la fiction avec les faits et les faits avec la fiction, comme il s’agit d’expérimenter l’art avec le monde. Faisant suite au colloque « Document, fiction et droit dans l’art contemporain » co-organisé par le LESA (laboratoire d’études en Sciences des arts, Aix-Marseille Université) et le POL®ART (pole de recherche coordonné par l’Acade mie royale des Beaux-arts de Bruxelles) a l’initiative de Jean Arnaud et Bruno Goosse, le livre, mis en page par Anne Quévy, est enfin imprimé.
Mise en page 1 Le geste artistique consistant à transposer un document et sa valeur testimoniale de son lieu naturel – celui de l’information et de la vérification – dans le champ de l’art, est fréquent dans l’art moderne et contemporain ; il conserve néanmoins à chaque fois quelque chose de sa radicalité initiale, qui mérite d’être interrogée afin d’en déplier les effets sans cesse renouvelés. L’équivalence entre geste documentaire et geste artistique, que de nombreux artistes affirment aujourd’hui dans leur travail, conduit- elle – par la porosité ainsi créée et par la mise en question générale des catégories –, à la grande indistinction qu’affectionne le système médiatique et spectaculaire ? S’agit-il plutôt d’un déplacement de la manière dont faits et fictions se distinguent ? Ces questions font écho à la technique de la fiction juridique inventée par le droit romain, qui nous propose une manière d’envisager la critique de la hiérarchie commune en permettant « dans les faits » qu’une fiction devienne réalité. La stabilité du partage ainsi révoquée, il s’agit maintenant, par différents dispositifs plastiques, d’expérimenter la fiction avec les faits et les faits avec la fiction, comme il s’agit d’expérimenter l’art avec le monde. C’est en croisant des approches artistiques, critiques, philosophiques et juridiques, que cet ouvrage analyse ces effets tant au niveau de l’art lui-même, que des reconfigurations de savoirs qu’il produit, et de notre rapport au Réel.
Avec des textes de Michel Guérin, Pascal Turlan, Kader Attia, Katrin Gattinger, Jean-Luc Lioult, Danièle Méaux, Julien Cabay, Christine Buignet, Pierre Baumann, Agence, Sylvie Coëllier, Denis Briand, Christine Esclapez, Éts. Decoux, Thomas Golsenne, Michael Murtaugh et Nicolas Malevé, Nathalie Desmet, Claire Garnier, Guillaume Désanges, Pascale Borrel, Éric Valette, Carine et Élisabeth Krecké, franck leibovici, Anne Penders, Susana Dobal, et Maria Palacios-Cruz. [pdf-embedder url="http://www.tirantdair.org/wp-content/uploads/2017/08/Feuillet-DFD-PDF.pdf" title="Feuillet DFD PDF"]
 

Exposition : La chaleur de l’usure

2_1 // De Markten / 7_11 – 14_12_2014 Oude Graanmarkt 5, 1000 Bruxelles

Vernissage le 6 novembre 2014 à 19h
Performance ISAC à 20h / chorégraphie Charlotte Vanden Eynde

Avec : Sylvain Baumann, Christian Bonnefoi, Pierre di Sciullo, Jean Dupuy, Mario Ferretti, Mekhitar Garabedian, Bruno Goosse, Toni Grand, Frédéric Lavoie, Miguel Angel Molina, Miquel Mont, Yogan Muller, Willem Oorebeek, Jasper Rigole, Peter Soriano, Sylvie Turpin, Hannes Verhoustraete.

L’exposition La chaleur de l’usure est présentée au Centre Culturel De Mark- ten à Bruxelles.
Elle s’étend sur plus de 900m2 et s’articule en cinq moments conceptuels qui traversent cinq salles.

USURE ___Dans l’angle mort (ouverture)
USURE ___Perte, identités, histoires d’hommes
USURE ___Erased ou le renversement des économies
USURE ___Les réductions des signes
USURE ___Machines et sédimentation
Chaque moment, schématiquement associé à une salle, agit comme un es- pace mémoriel pour irradier sur l’ensemble du dispositif.
L’expérience de l’Usure induit cette lecture poreuse où l’on ne saurait affecter à chaque artiste l’évidence simplifiée d’un propos univoque.

Colloque international : L’Usure, excès d’usages et bénéfices de l’art

(salle de conférence)

2_2 // De Markten / 6_11-8_11_2014 Oude Graanmarkt 5, 1000 Bruxelles

A l’ère de la numérisation et de l’obsolescence, l’usure paraît être facteur dégradant et incarne une ambivalence caractéristique de notre culture contemporaine. Du côté de l’usage répété, elle évoque l’effacement, l’effritement, la perte et la disparition (du latin populaire usare dérivé de usus) ; du côté du droit, elle considère les bons et les mauvais profits par l’excès, la fructification abusive d’un revenu issu du prêt (du latin usura formé sur le dérivé du parfait de usus). Derrida souligne dans Marges, que « ces deux histoires du sens restent indissociables». Quelle que soit l’origine sémantique, deux questions subsistent, celle d’un usage excessif et celle de son bénéfice (ou en miroir celle de la valeur de la dette). Qu’est-ce que l’art délivre par usure et qu’en reçoit l’artiste ?

Le premier volet du colloque s’est déroulé en décembre 2013 au Musée d’art contemporain CAPC à Bordeaux. Il a ouvert les travaux autour de cinq axes : Origines et usages de l’usure, Histoire/mémoire/temps, Economie et langage, Expérience de la durée/corps de poussière et Dépense/excès/regard. Ce second volet poursuit cette entreprise et envisage les dimensions fructueuses de cette économie de la perte à partir de cinq nouvelles orientations : Erosion, ruine et réparation, Usage, économie et phases de l’usure, Corps, geste et épuisement, Resistance et entropie, «Black out», perte et reste. Elles aussi seront guidées par trois corrélats de l’usure : la mesure, la résistance et la persistance.

Philosophes, historiens, artistes, psychanalystes et écrivains livreront leurs analyses de ces en- jeux.

Avec la participation de Jean Arnaud, Hélène Camarade, Thierry Davila, Angel Enciso Bergé, Lea Gauthier, Peter De Graeve, Pierre Katuszewski, Maurizio Lazzarato, Aram Mekhitarian, Michel Métayer, Philippe Roux, Willem Oorebeek, Fabien Vallos, Diane Wat- teau. Table ronde avec les artistes de l’exposition.

Colloque document fiction et droit dimanche 27, lundi 28, mardi 29 octobre   Agency Assembly (Document, Fiction et Droit) For the performance lecture Assembly (Document, Fiction et Droit), Agency calls forth Thing 001620 (Das Schweigen von Marcel Duchamp wird überbewertet, 1964), speculating on the question: “How can facts become included within art practices?”