Pour pouvoir réaliser leur projet de valorisation du site de la bataille de Waterloo et l’adapter au tourisme du XXIe siècle, les Pouvoirs publics devaient se rendre maître des bâtiments commerciaux qui s’étaient implantés autour du champ de bataille. En 2001 ils achetèrent la maison de commerce exploitée comme boutique de souvenirs et l’Hôtel du Musée. Cinq ans plus tard, la Région introduit une demande de permis d’urbanisme permettant la rénovation des infrastructures (en fait leur démolition) et la construction du nouveau mémorial.

La « vendeuse de souvenirs », ancienne propriétaire, introduit un recours suspensif au conseil d’Etat contre cette demande. Elle craint que l’exécution du permis d’urbanisme qu’elle critique porte atteinte à la nature même du champ de bataille, à sa lisibilité et à la compréhension de la bataille elle-même, dans la mesure où les constructions projetées viendraient rompre la ligne de crête derrière laquelle était disposée une partie des unités de Wellington, ce qui a été déterminant pour l’issue de la bataille.
L’atteinte à la nature du champs de bataille était si évidente une fois énoncée, la discussion juridique porta essentiellement sur la recevabilité du recours. Pour la Région il était irrecevable car, n’étant ni voisine du site, ni propriétaire d’une partie du site, elle ne voyait pas quel préjudice personnel et direct « la vendeuse de souvenirs » pouvait revendiquer.

Le Conseil d’état estima qu’à partir du moment où un bien est reconnu comme faisant partie du patrimoine culturel, il ne peut plus, par définition, être considéré comme étant la « chose exclusive » d’une personne morale de droit public quelconque, même propriétaire des lieux, d’une collectivité déterminée ni même de la génération présente, à plus forte raison des voisins ou des habitants du quartier. « La vendeuse de souvenirs » gagna son recours. Le nouveau mémorial a été déplacé et enterré

Selon son concepteur, le dispositif, qui plonge le spectateur au cœur des combats, est unique en Europe.

 

L’installation narrative Classement diagonal co-produite par le  BPS 22,  est visible à Charleroi dans le cadre de l’exposition Panorama, jusqu’au 22 janvier 2017.