Échoué n’est pas coulé

Occurrence, espace d’art et d’essais contemporain.
5455 De Gaspé • espace 108.
Montréal, Québec
Vernissage : le jeudi 16 janvier 2020, 17h00

Réalisé en 1937 par l’architecte Antoine Courtens, un étonnant bâtiment art-déco en béton armé, gît, abandonné, au bord du lac Masson, à Sainte-Marguerite, dans les Laurentides.

« Échoué n’est pas coulé » est l’exposition d’une enquête relative à cet édifice.

Rêvée par le jeune homme d’affaire belge Louis Empain, après qu’il ait fait construire par Michel Polak, à Bruxelles, une maison prestigieuse qui porte toujours son nom, la construction du domaine d’Estérel a d’abord été une opportunité pour la communauté de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Presque tous les habitants de la municipalité ont travaillé à sa construction. Beaucoup y ont ensuite été engagés comme personnel de service. Le domaine s’adresse à des clients fortunés qui viennent profiter de l’air pur et de la beauté de la nature.

Après quelques années de fonctionnement l’infrastructure est abandonnée et n’intéresse plus personne.

Fin des années 70, les citoyens de Sainte-Marguerite se fédèrent autour de ce qu’il reste du projet d’Empain. Le centre communautaire ruiné devient alors la mairie et le centre culturel de la municipalité. De nombreux habitants travaillent bénévolement à sa rénovation.

Malheureusement, ce projet communautaire demande une certaine anticipation qui n’est pas totalement partagée. Certains sont plus cigales que fourmis et il n’a pas été possible d’entretenir le bâtiment avec le soin qu’il nécessitait. D’où, le temps venu, l’abandon du navire.

A ce moment-là, comme une mutinerie, une défense du bâtiment et de ce qu’il représente s’organise. Des citoyens se lèvent emmenés par l’un d’entre eux qui fait campagne sur la protection du bâtiment et devient le nouveau maire. Le bâtiment est classé.

Reste alors à accorder ces valeurs entre elles et faire en sorte que la valeur patrimoniale devienne un enjeu communautaire.  C’est un peu où nous en sommes aujourd’hui.

L’exposition confronte différentes lectures de cette construction.