Un bon vent d'art (La Libre
Belgique du 20 septembre 2006)
SUPPORTS Au MAAC, en vidéos, photos, film et
installation, le plasticien Bruno Goosse se joue des signes et du temps
On
pourra lire l'exposition de Bruno Goosse de multiples façons,
selon la manière de considérer les oeuvres qui constituent
pratiquement une installation continue, même si chaque proposition
constitue une entité distincte.
Ainsi, de l'histoire de l'art à celle de la couleur,
tout le loisir est accordé au visiteur d'orienter ses lectures
en passant par la considération temporelle, le déplacement
et le mouvement; le balisage, la marque et le parcours; le signe, sa
persistance et son effacement, le drapeau en ses multiples dimensions
dont la politique n'est pas à exclure, ni l'actualité;
les forces naturelles dont le vent. On y joindra bien entendu la part
visuelle des installations et les connexions à établir
d'une pièce à l'autre.
L'ensemble
s'avère donc riche d'exploitations multiples n'excluant
nullement les interférences ou les recouvrements partiels. Par
exemple, on passera d'une barrière souple, colorée, agitée
par le vent, «pénétrable» (à la Soto)
de la porte d'entrée, à une proposition parente, à l'intérieur,
dans laquelle le mouvement résulte uniquement d'une action physique
et corporelle. L'image en recomposition constante n'est plus abstraite
mais figurative puisqu'il s'agit de celle de drapeaux (Jasper Johns et
Raynaud s'invitent en amis); quant aux couleurs, elles sont éphémères
puisque de projection lumineuse.
Rien qu'en ces deux réalisations séparées, impossibles à voir
en même temps, se décline tout un parcours artistique visuel
et mental, immanquablement analytique de cette situation de confrontation
des réalités et inévitablement prenant en compte
le temps du trajet aussi bien que des éléments rencontrés
en chemin. Ces données englobent pratiquement toutes celles présentes
dans l'exposition et le travail de Goosse.
Il en est une néanmoins qui risque de se perdre en ces pérégrinations
bien qu'elle soit finalement capitale dès lors que l'on se situe
dans les arts visuels: le rôle du support dans la perception. Un
sujet traité en image fixe imprimée, en diapositive, en
vidéo, en projection sur divers types de murs -celui en morceaux
de sucre n'étant pas exclu- ou sur écran souple, capté par
un logiciel avant d'être restitué, présenté en
tube cathodique télé, prend une consistance totalement
différente. Et la constatation la plus surprenante est l'impression
picturale que donnent toutes ces approches. Est-ce un hasard si l'artiste
(Namur 1962, vit à Bruxelles) vient de la peinture?
Claude Lorent © La Libre Belgique 2006
Artistes belges internationaux (La Libre Belgique du
19 avril 2006)
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En ce moment encore, Bruno Goosse, un plasticien bruxellois, peintre,
vidéaste, pratiquant également l'installation est l'invité d'un lieu
très réputé en France, Passages, le Centre d'art contemporain de Troyes.
Il y propose un dispositif assez complexe autour de l'objet symbolique
à plus d'un titre que représente le drapeau, surface de formes et de
couleurs, traitant aussi de nationalisme, de politique, d'identité...
Une intervention multimédia doublée d'une réflexion et d'un positionnement,
le tout s'inscrivant parfaitement dans les sensibilités et développements
actuels.
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Claude Lorent
© La Libre Belgique 2006
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