le champ de la bataille de Waterloo.
le champ de la bataille de Waterloo.

Classement diagonal, co-produit par le  BPS 22,  a été présenté à Charleroi dans le cadre de l’exposition Panorama, de septembre 2016 au  22 janvier 2017, sous commissariat de Nancy Casielles.

Installation narrative et plastique constituée de documents, de copies de documents, de photographies, de vidéos, de textes, de tissus et d’étiquettes, Classement diagonal propose des récits qui se croisent, s’enchainent, se comparent, se bousculent, coexistent, se combinent et  font histoires.

La toute première « chose » que l’Etat belge a souhaité protéger officiellement et juridiquement afin de s’assurer qu’elle soit conservée pour la postérité est le site de la bataille de Waterloo. C’était le 26 mars 1914, à la veille de la première WW.

Les débats parlementaires de l’époque, passionnants, montrent que le champ de la bataille de 1815 peut représenter une chose et son contraire. Ainsi, si certains parlementaires estimaient qu’il fallait protéger cet immense cimetière par respect pour les morts et afin qu’on arrête d’y construire des bâtiments commerciaux pour touristes ( le Panorama de Dumoulin venait d’être construit), d’autres expliquaient qu’il fallait le garder au plus près de son état de 1815 pour que les touristes continuent à le visiter. Cette loi résulte de représentations contradictoires trouvant à se réaliser dans cette protection. Le fruit du hasard en quelque sorte. (voir la vidéo des débats parlementaires de 1914: un train de sénateur est-il électrique?)

Habitant le plus souvent à proximité d’un champ de bataille plus ou moins célèbre, des hommes et des femmes, prennent l’habitude de se réunir à l’anniversaire de ladite bataille, afin de participer à sa reconstitution en signe de commémoration. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il l’est néanmoins suffisamment par son ampleur pour que l’on s’intéresse à lui. D’une part  les reconstitueurs tiennent à ne pas être confondu avec des acteurs ou des figurants,  d’autre part par ils se soumettent à l’ordre du détail : les règlements militaires qui permettent une reconstitution rigoureuse. (Voir la vidéo des reconstituteurs : les détails de l’histoire)

D’un côté, nous avons un acte de résistance face à l’action du temps et ses aléas (le classement), d’un autre côté nous avons un intérêt pour vivre selon un modèle passé sans rien laisser au hasard (la reconstitution) et par ailleurs nous avons la contingence, le hasard, qui ne peut faire autrement que s’interpréter comme résultant d’une intention.

« Classement diagonal »  met en évidence la contingence : le classement s’intéresse à la topographies du terrain, aux pentes. Comme sur les terrains de golf, dont la concentration est la plus importante de Belgique dans cette région. Les terrains sont dessinés de manière à susciter des stratégies de jeu pas très éloignées des stratégies militaires de l’époque. Par ailleurs les obstacles et modifications du terrain doivent sembler naturels. Les golfs imitent donc la nature. Les mini-golfs prennent les golfs pour modèle. Les reconstitueurs, revivent la vie des soldats et des civils d’il y a deux cents ans. Le panorama de Dumoulin, à l’origine du classement de 1914, est aujourd’hui classé. Il vise à plonger le spectateur au cœur de la bataille. Comme si vous y étiez. Comme le nouveau mémorial de 2015. Léopold II a acheté la tour japonaise et le pavillon chinois du Tour du monde de Dumoulin, peintre des colonies. Restent les villages noirs et le musée de Tervuren.

 

Voir introduction à Classement diagonal.

Voir aussi le détail des moments:

Classement diagonal 1  l’abandon

Classement diagonal 2 dessiner un parcours

Classement diagonal 3 démocratisation

Classement diagonal 4 restauration patiente

Classement diagonal 5 le panorama

Classement diagonal 6 la visite du roi

Classement diagonal 7 l’oubli de Cézanne

Classement diagonal 8 le champ de bataille

Classement diagonal 9 la valeur indiscutable

Classement diagonal 10 la marchande de souvenir