INSPIRATION/ EXPOSITION

Le sanatorium proprement dit se compose de quatre pavillons. Ces pavillons auxquels sont annexés des galeries de cure, sont de dimensions imposantes, d’architecture moderne, aménagés chacun pour 150 malades ; ils sont situés chacun à 600 mètres au moins de distance , ceux à l’Ouest destinés aux hommes, ceux à l’Est mieux protégés contre les intempéries, occupés par les femmes ; la séparation des sexes étant assurée, il n’y a pas de services centraux, chaque pavillon ayant réfectoire, salle de réunion servant au besoin de chapelle le dimanche.

Le Grand Hebdomadaire Illustré de la région du Nord de la France du 5 mars 1931

Projet en cours, à l’invitation du centre d’art de St Omer, espace36.

A côté de St Omer, le centre hospitalier trouve son origine dans l’édification, en 1931, d’un sanatorium départemental sur un site de 45 hectares où se situait le camp d’Helfaut. C’est une véritable ville de santé qui a été imaginée, à un endroit reculé des zones habitées, au milieu d’une forêt.

Seront interrogés dans ce projet l’existence d’une tension entre un modèle consistant à isoler les malades et la maladie des biens portants afin d’agir sur des conditions de vie saine en un lieu donné et la possibilité de rendre leurs conditions de vie saine.
Ce choix qui sépare le bon grain de l’ivraie est à l’origine d’une pensée de la séparation dont les effets sont aujourd’hui tangibles. Logique de fermeture mais aussi de construction d’un lieu idéal dont une des traces les plus évidentes est la séparation entre le temps de travail et le temps de loisir. Ainsi les vacances sont-elles pensées sur le même mode que l’idéal du sanatorium : des lieux où l’on se repose, mange en abondance et où l’on prend des bains de soleil …

Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties ; il regarda ce tas de plantes déracinées èt déjà desséchées, et dit : — C’est mort. Cela serait pourtant bon si l’on savait s’en servir. Quant l’ortie est jeune, la feuille est un légume excellent ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d’ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour lès bêtes à cornes, La graine de l’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C’est du reste un excellent foin qu’on peut faucher deux fois. Et que faut-il à l’ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à mesure qu’elle mûrit, et est difficile à récolter. Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d’hommes ressemblent à l’ortie ! — Il ajouta après un silence : Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs.

Hugo, Les Misérables, 1, Fantine; La descente; Sommes déposées chez Laffite; LLdP p. 244