Classement diagonal /diagonal listing

Le livre « Classement diagonal », réalisé après l’exposition sous forme d’installation narrative du même nom1, propose une nouvelle modalité de construction et d’assemblage des matériaux qui y étaient montrés. ll n’est ni un catalogue qui accompagne et prolonge l’exposition, ni un document destiné à en garder la trace ou à en constituer la mémoire. Il s’agit d’une actualisation sous forme de livre de matériaux textuels et visuels en grande partie identiques ou similaires. L’enjeu de la reprise et de la réactualisation sont importants pour ce travail dont le sujet est étroitement lié à ces pratiques. Je suis très heureux d’avoir pu y travailler avec la graphiste Loraine Furter.

Le titre se réfère au classement du champ de bataille de Waterloo, premier bien préservé en vertu d’une loi en Belgique. Il assemble une série de faits et de récits construisant de multiples rapports entre le champ de bataille, les terrains de golf, le développement du tourisme, la colonisation, la préservation du patrimoine, la représentation de l’histoire et la normalisation. Cette disparité apparente permet d’interroger les stratégies de normalisation destinées à figer ce qui fuit continuellement.

Le livre est publié aux éditions la lettre volée.

Bruno_Goosse_Classement_Diagonal-planches

1« Classement diagonal » a été présenté au BPS22 à Charleroi dans le cadre de l’exposition Panorama, de septembre 2016 à janvier 2017, sous commissariat de Nancy Casielles.

Arts plastiques/cinéma Mikhaïl Bakhtine et les arts

Le dossier principal du nouveau volume  de  La Part de lŒil (30) est consacré au rapport entre les arts plastiques et le cinéma. S’y joint un second dossier consacré aux relations de la pensée de Mikhaïl Bakhtine avec les arts. 

Le cinéma d’exposition qui se montre dans le champ de l’art contemporain depuis le début des années 1990 nous a amenés, comme l’écrit dans ce volume Jean-Christophe Royoux, « à accepter l’existence d’un autre espace de représentation, ayant d’autres règles, d’autres objectifs et une autre histoire ». C’est à l’analyse de cet espace, de ses règles, de ses objectifs et de cette histoire qu’est consacré ce dossier. 

Cette question ne fut pas épuisée par ce que Raymond Bellour a appelé en 2012 La querelle des dispositifs car le cinéma se caractérise non seulement par « son pouvoir de transformation de l’art contemporain », comme l’écrit Luc Vancheri, dans sa collaboration, mais aussi parce qu’il est « à entendre comme un art des possibles dont il reste à faire l’histoire ». 

Est-ce parce que nous croyons connaître sa naissance et que nous l’avons vu grandir, que nous nous inquiétons tellement, aujourd’hui, de l’avenir du cinéma ? Est-ce parce que nous jugeons sa mort possible, qu’il ne faudrait surtout pas en manquer le spectacle ? Entre la mort de l’art et l’avenir d’une illusion, cette question semble hanter toute réflexion actuelle sur le cinéma au point de rendre la salle où il se projette, plus crépusculaire qu’obscure. 

Si, du fait des logiques commerciales de plus en plus pressantes, le cinéma semble aujourd’hui largement réduit au divertissement, son entrée dans les lieux d’exposition est venu lui rendre la radicalité et le caractère expérimental qui le caractérisaient à ses débuts. Paradoxalement donc, cette pratique qui, à sa naissance, était venue bousculer les arts plastiques, retrouve sa force d’art en les rejoignant dans les lieux et les conditions de leur monstration. 

Le passage de la salle de cinéma au musée vient battre en brèche la linéarité de la vision du film. Le hasard de l’arrivée du visiteur l’institue en spectateur et détermine le début de sa vision. Comparaison, coexistence, recon- figuration continuelle des récits, action du corps du spectateur, de ses déplacements sur la réception, temps qui se construit autant qu’il se subit constituent une expérience du cinéma qui interroge notre rapport au monde partagé. 

Prenant appui sur les œuvres d’artistes contemporains comme Tacita Dean, Bruce Nauman, Melik Ohanian ou Agnès Varda par exemple, les études réunies dans ce volume de La Part de l’Œil explorent les conséquences de ce déplacement et en dégagent les enjeux poétiques, historiques, esthétiques et politiques. 

Dans une seconde partie de ce volume, les collaborations rassemblées montrent combien il est fructueux de se tourner vers la pensée de Mikhaïl Bakhtine pour aborder la plasticité. La théorie des arts plastiques a depuis tou- jours emprunté ses concepts à la pensée littéraire, à la théorie du langage, à la linguistique, à la sémiologie. Il en va de même pour ses emprunts à la narrativité. Pour le lecteur francophone, voir resurgir aujourd’hui la figure de Mikhaïl Bakhtine peut paraître anachronique alors que cette pensée est restée agissante aux États-Unis et au Royaume-Uni. Sont abordées également les relations entre la pensée de Bakhtine et celles d’Althusser et Deleuze/Guattari. Alexander Streitberger, au travers de l’intérêt de Jeff Wall pour la pensée de Mikhaïl Bakhtine, évoque lui également les relations entre spectateur de cinéma et spectateur d’exposition faisant ainsi le lien entre le dossier consacré à Mikhaïl Bakhtine et celui consacré au cinéma d’exposition. 

La Part de l’Œil n° 30 – 2016 • 2017 

Dossier : Arts plastiques/cinéma Mikhaïl Bakhtine et les arts 

Dossier : Arts plastiques/cinéma 
  • Bruno Goosse : Quand pas encore est déjà 
  • Jacques Aumont : Feintise, fiction, figure. L’opération figurative en cinéma 
  • Krikor Beledian: Philosophiquement Paradjanov 
  • Jean-Louis Déotte : La réception collective d’un film est comme celle d’une architecture urbaine 
  • Clélia Nau : Pour un cinéma de paysage. Tacita Dean : Disappearance at sea 
  • Chakè Matossian : L’émanation du film. William Blake et Dead Man de Jim Jarmusch 
  • Jean-Christophe Royoux : Cinéma d’exposition : l’invention d’un médium 
  • Christian Ruby : Le spectateur de cinéma en objet dialectique, de Walter Benjamin aux artistes contemporains 
  • Luc Vancheri Le cinéma au nom de l’art 
Dossier : Mikhaïl Bakhtine et les arts 
  • Alexander Streitberger  : “Le rire réduit” – Mikhaïl Bakhtine et la question du portrait photographique chez Jeff Wall 
  • Peter De Graeve : Chronotopies de mondes virtuels
    Dirk Dehouck, Articuler encore… à demi-mot, en un clin d’œil 
  • Dirk Dehouck : Le risque de la singularité
    (achever ou comment (en) finir… avec Bakhtine ?) 
  • Christophe Den Tandt  : Bakhtine et la postmodernité : le dialogisme dans la sémiologie française et les cultural studies anglo-américaines 
  • Christl Lidl : La Vie mode d’emploi, Romans, Georges Perec
    VME – Lecture III, Étude plastique de l’index Rappel de quelques-unes des histoires racontées dans cet ouvrage 

L’usure

Il y a une urgence durable à réfléchir sur ce qui épuise nos sociétés, nos civilisations, nos cultures, nos économies, nos pensées et nos regards : l’usure.

L’usure a trait à l’épuisement, à l’érosion, à la perte ; mais l’usure est aussi ce (délit) qui résulte d’un excès de profit.

L’art pense et dépense l’usure. De biais, elle scrute et dévoile ses désastres et ses bénéfices abusifs. L’art, mine de rien, résiste à l’usure. Il propose ses propres ripostes, ses renversements, ses revalorisations. L’art lamine l’usure, la fait miroiter, la met en crise. L’art réchauffe l’usure, comme l’usure réchauffe les matériaux qui se confrontent à ces frottements répétés. L’usure a sa chaleur. L’usure joue double, voit double, s’entend double et parle double. Elle est là, dans l’angle mort de la raison.

Cet ouvrage L’usure est construit en deux volumes à lire croisés : La chaleur de l’usure va avec Excès d’usages et bénéfices de l’art. Chaque volume se construit sur la base d’une entité spatiale commune répartie en cinq salles qui dresse une forme d’ars memoriae. La chaleur de l’usure (fruit de l’exposition éponyme) parcourt ces espaces en images, documente, contextualise et élargit les projets produits par des artistes, alors que l’autre volume présente des écrits de plasticiens, de philosophes, d’archéologues, de psychanalystes et de penseurs d’horizons divers.

2 volumes:
La chaleur de l’usure
Excès d’usages et béné ces de l’art


sous la direction d’Amélie de Beauffort et Pierre Baumann
ISBN 1: 979-10-300-0097-9
ISBN 2: 979-10-300-0098-6
39€ – 476 pages – 230×165 mm – couleur et n/b sortie: 28 novembre 2016
Distribution: Sodis
Editions Presses Universitaires de Bordeaux et Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles.


Les auteurs et artistes:
Jean Arnaud, Pierre Baumann, Sylvain Baumann, Christian Bonnefoi, Patricia Brignone, Hélène Camarade, Séverine Cauchy, Peter De Graeve, Dirk Dehouck, Brigitte et Gilles Delluc, Alban Denuit, Amélie de Beauffort, Pierre di Sciullo, Jean Dupuy, Angel Enciso, Mario Ferretti, Sabine Forero, Sébastien Galland, Mekhitar Garabedian, Bruno Goosse, Toni Grand, Michel Guérin, Pierre Katuszewski, Frédéric Lavoie, Chakè Matossian, Miguel Angel Molina, Miquel Mont, Yogan Muller, Willem Oorebeek, Jasper Rigole, Jean-François Robic, Philippe Roux, Pierre Sauvanet, Peter Soriano, Sylvie Turpin, Fabien Vallos, Christian Xatrec, Hannes Verhoustraete, Diane Watteau.

Facettes

FACETTES – NUMÉRO UN

revue éditée par 50° nord

 

FACETTES est un espace de collaboration, de débat et de recherche de la scène artistique transfrontalière franco-belge (Nord-Pas-de-Calais, Wallonie et Bruxelles).

Éditée par 50° nord réseau transfrontalier d’art contemporain, cette revue annuelle et gratuite examine les données et enjeux de la création contemporaine dans le champ des arts plastiques et visuels. Chaque numéro est l’occasion de s’interroger sur une thématique, de l’explorer sous différentes perspectives, de porter des regards croisés sur ce qui fait l’actualité de l’art.

FACETTES affirme l’exigence de son contenu dans la multiplicité des approches et des points de vue. Artistes, critiques d’art, commissaires, universitaires, jeunes chercheurs et autres acteurs du monde de l’art sur la scène eurorégionale et européenne, contribuent ainsi au développement de la revue. +++


avec
Jean-Baptiste Akim Calistru, Dove Allouche, Kader Attia, Michel Blazy, Grégory et Cyril Chapuisat, Christo, Emma Cozzani, David De Beyter, Edith Dekyndt, Marion Delage de Luget, Wim Delvoye, Alexandrine Dhainaut, David Droubaix, Marcel Duchamp, Julie C. Fortier, Bruno Goosse, Noé Grenier, Louise Herlemont, Ann Veronica Janssens, Anish Kapoor, Sol LeWitt, Ingrid Luquet-Gad, Piero Manzoni, Léa Mayer, BernardMoninot, Camille Paulhan, Anne Penders, Pierre-Jacques Pernuit, Justine Pluvinage, Gregor Schneider, Tino Sehgal, Robert Smithson, Dimitri Vazemsky, Élodie Weyne, Fabien Zocco



Réseau transfrontalier d’art contemporain 

9 RUE DU CIRQUE – B.P. 10103
F-59001 LILLE CEDEX

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contact@50degresnord.net

+33 (0)6 89 27 38 44

 
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Document, fiction et droit dans l’art contemporain

La fiction juridique permet une critique radicale de la hiérarchie commune en permettant « dans les faits » qu’une fiction devienne réalité. La stabilité du partage ainsi révoquée, il s’agit maintenant, par différents dispositifs plastiques, d’expérimenter la fiction avec les faits et les faits avec la fiction, comme il s’agit d’expérimenter l’art avec le monde.

Faisant suite au colloque « Document, fiction et droit dans l’art contemporain » co-organisé par le LESA (laboratoire d’études en Sciences des arts, Aix-Marseille Université) et le POL®ART (pole de recherche coordonné par l’Acade mie royale des Beaux-arts de Bruxelles) a l’initiative de Jean Arnaud et Bruno Goosse, le livre, mis en page par Anne Quévy, est enfin imprimé.

Le geste artistique consistant à transposer un document et sa valeur testimoniale de son lieu naturel – celui de l’information et de la vérification – dans le champ de l’art, est fréquent dans l’art moderne et contemporain ; il conserve néanmoins à chaque fois quelque chose de sa radicalité initiale, qui mérite d’être interrogée afin d’en déplier les effets sans cesse renouvelés. L’équivalence entre geste documentaire et geste artistique, que de nombreux artistes affirment aujourd’hui dans leur travail, conduit- elle – par la porosité ainsi créée et par la mise en question générale des catégories –, à la grande indistinction qu’affectionne le système médiatique et spectaculaire ? S’agit-il plutôt d’un déplacement de la manière dont faits et fictions se distinguent ?

Ces questions font écho à la technique de la fiction juridique inventée par le droit romain, qui nous propose une manière d’envisager la critique de la hiérarchie commune en permettant « dans les faits » qu’une fiction devienne réalité. La stabilité du partage ainsi révoquée, il s’agit maintenant, par différents dispositifs plastiques, d’expérimenter la fiction avec les faits et les faits avec la fiction, comme il s’agit d’expérimenter l’art avec le monde. C’est en croisant des approches artistiques, critiques, philosophiques et juridiques, que cet ouvrage analyse ces effets tant au niveau de l’art lui-même, que des reconfigurations de savoirs qu’il produit, et de notre rapport au Réel.

Avec des textes de Michel Guérin, Pascal Turlan, Kader Attia, Katrin Gattinger, Jean-Luc Lioult, Danièle Méaux, Julien Cabay, Christine Buignet, Pierre Baumann, Agence, Sylvie Coëllier, Denis Briand, Christine Esclapez, Éts. Decoux, Thomas Golsenne, Michael Murtaugh et Nicolas Malevé, Nathalie Desmet, Claire Garnier, Guillaume Désanges, Pascale Borrel, Éric Valette, Carine et Élisabeth Krecké, franck leibovici, Anne Penders, Susana Dobal, et Maria Palacios-Cruz.

Feuillet DFD PDF

around exit

Edité par les éditions la Part de l’Oeil, sorti de presses fin 2013, AROUND EXIT est disponible en librairie.

A l’origine de ce livre, il y a le film EXIT, qui tente de montrer ce qu’est une frontière. En voyageant de proche en proche, des frontières internes qui disparaissent aux frontières extérieures qui se renforcent, en prenant la limite pour sujet, le projet en fut affecté au point de passer la limite de sa définition. Le livre AROUND EXIT s’imposa. Il permit de réintroduire la temporalité de la plasticité dans le projet filmique.

Catalogos

Habituellement une peinture (ou une autre oeuvre) est réalisée (peu importe que la conception lui soit antérieure ou non), puis exposée (mise au monde, dans le monde), puis vendue. De la vente, l’artiste ne veut le plus souvent pas parler. Comme si c’était honteux. Pourtant, pendant la vente, quelque chose de très étonnant est produit: le tableau devient l’équivalent d’une certaine somme d’argent. L’artiste accepte que le tableau, l’oeuvre originale, qualitativement unique, singulière, soit équivalente à cette chose universelle, ne comptant que par sa quantité, l’argent. Pendant la vente, la plus grande singularité égale la plus grande universalité.

Dès lors se posait pour moi la question de la valeur. D’où vient-elle? Qui la fixe? Comment? J’aurais voulu que ces questions ne soient plus périphériques au travail mais en soient le coeur ou la charpente. C’est ainsi que je commençai à travailler sur le projet du « Catalogos ».

Je voulais qu’il soit distribué comme un « toutes-boîtes ». Je voulais que chacun le reçoive comme il reçoit les publicités de la grande distribution, qu’ainsi, pour une fois, on ne suppose plus que nos désirs se limitent à vouloir acquérir des petits pois plus gros ou moins chers ou un GSM plus petit et plus sexy, mais que nos désirs relèvent aussi de l’utopie. L’adresser à tous était une manière de montrer que nous sommes tous concernés par l’art. C’était considérer chacun, non seulement comme spectateur potentiel, mais aussi comme acteur, et ce, même si, de prime abord, ça le laisse indifférent.

Il y a eu une exposition à Sittard (Pays-Bas) pour laquelle Guy Massaux et Luk Lambrecht me proposèrent de produire le Catalogos.

L’oeuvre, le travail se présente d’abord dans son mode de fonctionnement, ce en quoi il se constitue comme une actualisation. Il y est question d’empreintes de peinture, d’empreintes toujours doubles où l’une est l’image inversée de l’autre et vice-versa. C’est ainsi qu’est apparu la nécessité d’investir également les questions de la reproduction de l’oeuvre et de l’argent comme équivalent de l’oeuvre lors de la vente.

Les oeuvres proposées à la vente dans ce site Catalogos ne sont pas différentes de celles que l’on pourrait acquérir dans une galerie ; c’est l’acte de l’achat qui est modifié. Il est proposé d’acheter une oeuvre les yeux fermés, sans l’avoir vraiment vue, en n’en voyant qu’une image qui ne permet aucunement de la saisir visuellement, sans connaître ses limites, sans même savoir toujours s’il s’agit d’un objet, d’une image, d’une oeuvre virtuelle encore à actualiser. On peut parler d’un déficit de visibilité. Ce déficit est nécessaire pour que l’achat lui-même prenne un relief suffisant, pour que ce soit, dans l’acte d’achat, dans l’échange, dans l’attribution de la valeur, l’achat lui-même qui se montre comme faisant partie de l’oeuvre. L’acheteur est mis dans une situation semblable à celle de l’artiste : il avance à l’aveugle.

D’autre part, une ambiguïté persiste sur le statut même du site « Catalogos » : oeuvre ou support de présentation d’oeuvres ? En tant que présentation, publicité, il n’est pas très efficace : les objets sont mal mis en valeur. En tant qu’oeuvre, il est également décevant puisque, à l’exception d’une page qui se déclare être une oeuvre, il ne fait que référence à d’autres oeuvres.

il se pose comme témoin, comme simple témoin d’un accident : l’échange, la redistribution à la fois formelle et symbolique a bien eu lieu. C’est en ce sens que « Catalogos » est aussi une oeuvre, une oeuvre gratuite et sans valeur qui parle d’argent et de valeur.

 

parallèles

 

En rêvant au 17ème parallèle.

Comme pour une comptine, il faut savoir compter: une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit lignes horizontales au verso. Autant que de pages impaires. Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit lignes verticales sur le recto. Autant que de pages paires. Le papier est représenté transparent. Aux verticales noires du recto s’ajoutent, grises, les verticales du verso.

Chaque page est ainsi marquée de la place et de la position qu’elle occupait lorsqu’elle n’était encore qu’une seule feuille, non pliée, non coupée, non agrafée. Avant d’être livre. Quand l’enfant compte sur ses doigts, compte-t-il ses doigts ou les a-t-il oubliés ?

Carnet composé en juin 1998 et rehaussé à l’acrylique en automne 1999
papier couché mat Périgord, couverture à trois volets en Bioret
Collection Petits Plaisirs n°3 – Bruxelles
Galerie Debras-Bical (impression :Auspert & Cie)
170 x 120 x 5 mm

30 exemplaires