Marcher comme sur des oeufs

Un groupe d’étudiants en art (en fait des étudiantes) est filmé, séance après séance, depuis le moment qui suit la proposition d’un travail de bande dessinée, jusqu’au résultat final. Chacune à leur tour elles racontent leurs histoires. Elles se racontent et expérimentent qu’elles construisent un récit, le leur, et que ce récit les construit.

L’enseignement de l’art est singulier. Sa simple existence tend à mettre en cause certaines représentations solidement ancrées. L’art s’enseigne-t-il ? On voudrait nous faire croire, pour sauver la figure de l’artiste comme génie inspiré des dieux, que seules les techniques s’enseignent, confiant ainsi l’art à l’ineffable et à l’inné. Pourtant, quelque chose s’enseigne dans une école d’art. Quelque chose s’y transmet. S’agit-il d’une question de spécialiste ? Elle déborde sur une interrogation plus générale : comment crée-t-on ? Peut-on montrer, saisir, quelque chose du travail de la création à l’oeuvre ?

Le moment de l’enseignement de l’art a ceci de particulier que la création qui y émerge est tissée de l’échange verbal entre l’artiste-enseignant et l’artiste-étudiant. Cette relation particulière permet que l’invention artistique et la transmission, certes fragiles et ténues, soient néanmoins perceptibles. C’est en tout cas le parti de ce film et son ambition : montrer à la fois ce qui se transmet et ce qui s’invente. Montrer la création au travail.

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